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théâtre

Éveilleur de consciences

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Comme bien souvent, c'est un projet né d'une rencontre entre une émotion et une envie. Celle qu'a suscité une visite du camp de Terezin chez Arnaud « Nono » Van Lancker du Tire-Laine et une petite question : pourquoi personne n'a-t-il songé à réveiller le Golem pendant la Seconde Guerre Mondiale ?

De cette question, mi-provocatrice, mi-décalée, est né un spectacle qui mêle les disciplines, les époques et les récits avec un plaisir évident. Sur scène, trois musiciens, complices de longue date, donnent une forme sonore au voyage proposé par le spectacle tandis que Delfino (chanteur des Barbarins Fouchus), autre vieil ami du Tire-Laire, pose sa voix sur l'ensemble pour relater, conter ou réciter l'histoire du golem, né au XVIème siècle à Prague en des temps où les Juifs avaient la vie dure. Derrière, sur trois grands écrans, des projections d'images contribuent également à alimenter le récit avec une écriture différente. Si les trois regards se répondent parfois, ils mènent aussi leur vie propre chacun prenant tour à tour une place plus ou moins grande dans la construction du spectacle. Subtilement, Arnaud Van Lancker distille un ton léger et un humour efficace dans la plus grande partie de son récit pour mieux finir par en prendre le contrepied presque total à travers un final moins rieur.

« Défendre le rêve et l'espoir »

Au-delà de l'évidente dénonciation du drame de l'extermination des Juifs pendant cette période, le spectacle se veut aussi, pour le charismatique leader du Tire-Laine, une dénonciation plus globale de l'immobilisme des consciences qui prévaut aujourd'hui. Fier et heureux de travailler avec le Bateau Feu de Dunkerque et la maison Folie de Wazemmes, il déplore cependant que seules ces deux structures aient accepté de produire son projet. « On m'a reproché de m'intéresser au contexte de la Seconde Guerre mondiale et de la Shoah, sans même chercher à savoir ce qui faisait le fond du spectacle. Les programmateurs sont devenus d'un immobilisme et d'une conformité de plus en plus dommageable. On va vers une uniformité de plus en plus grande et une place de plus en plus restreinte laissée à la création » explique l'artiste, aussi déçu que furieux. Ce sont cette colère et cet engagement qui ont nourri ce Golem, hymne vibrant à la liberté, incitation faite à chacun de se construire, d'être son propre golem. Plus que jamais mobilisé Nono ? « J'ai besoin de pouvoir me regarder dans une glace aujourd'hui, même si j'ai l'impression que notre société le souhaite de moins en moins. A force de faire du chacun pour soi, on finira par se retrouver chacun sans personne et je n'ai pas envie de me laisser faire ». Nous, non plus. De tels spectacles, portés par une humanité contagieuse y aident beaucoup. Reste à espérer que d'autres s'en rendent compte et qu'après les dates proposés à Lille et Dunkerque ce Golem prenne le chemin de nombreuses salles.

Publié le 02/03/2010 Auteur : Guillaume B.

Le Golem

Le 5 mars à 20h30 à la maison Folie de Wazemmes, 70, rue des Sarrazins à Lille. Tél.03.20.78.20.23

Tarif : 10/8 €

Le 16 mars à 20h30 et le 17 à 19h au Bateau-Feu, place du Général de Gaulle à Dunkerque (soirée impromptue avec l'équipe le 15 mars à 18h30).

www.lebateaufeu.com

Tél.03.28.51.40.40


Mots clés : théâtre