théâtre

Nous sommes repus mais pas repentis de Thomas Bernhard et de Séverine Chavrier

Nous sommes repus mais pas repentis de Thomas Bernhard et de Séverine Chavrier (2017)
Après Les Palmiers sauvages d’après William Faulkner, Séverine Chavrier porte à la scène l’écriture abrasive et furieuse de Thomas Bernhard, entrelaçant théâtre, musique et vidéo dans un redoutable jeu de massacre familial.

Cette adaptation libre de Déjeuner chez Wittgenstein, ponctuée d’extraits d’autres œuvres du même auteur comme Maîtres anciens ou Des arbres à abattre, s’articule autour d’un infernal trio : Voss, penseur infirme, neurasthénique et puéril, sort de sa maison de repos pour s’enfermer dans la demeure de ses parents et y retrouver ses deux sœurs, Dene et Ritter, comédiennes et musiciennes ratées qu’il va tyranniser. Cruauté, humiliations et mépris sont alors au menu d’un chaotique dîner rythmé par des airs de musique romantique – dont certains morceaux joués en direct au piano par Séverine Chavrier – apaisant ou exacerbant les humeurs malignes et les récriminations hystériques. La pièce vire alors au tumulte dissonant pour ce trio gangrené par les frustrations, mensonges et sacrifices imposés par leur famille. Magnifié par des comédiens au jeu aiguisé, ce spectacle flamboyant peint une humanité pathétique avec un humour féroce virant souvent au burlesque.

Durée : 2h55 avec entracte

Publié le 12/10/2017


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